Un nouveau vocabulaire

Une société qui change exige une redéfinition des éléments qui la caractérisent. Voici en caractères italiques l’ancienne définition de ces éléments et en caractères gras une proposition de définition pour l’ère postindustrielle.

Le lecteur notera qu’en cette période de mutation deux définitions du même concept peuvent coexister.

Ces nouveaux concepts sont importants parce qu’ils sont les signes du passage de l’ère industrielle à l’ère postindustrielle. Ces concepts ne deviendront de véritables outils que si les mots utilisés sont bien définis par rapport à l’ensemble de ce nouvel environnement postindustriel.

Approche technologique

Internet 1 :

  • Techniquement, c’est une plateforme numérique qui intègre les réseaux téléphoniques et informatiques grâce aux protocoles TCP/IP et qui permet un bond spectaculaire de la productivité.
  • Il est utilisé par plusieurs centaines de millions d’utilisateurs qui programment leurs applications.
  • Cette plateforme utilise un modèle broadcasting.

Internet 2 :

  • Techniquement, il intègre aussi le cinéma, la télévision, le mobile, le GPS, le RFID et l’électronique grand public qui permettent un bond spectaculaire des réseaux sociaux.
  • En ce moment, il est utilisé par plus de 1,6 milliard d’utilisateurs engagés dans l’autoproduction de contenus.
  • Cette plateforme utilise un modèle narrowcasing qui offre des contenus et des services sur mesure. C’est ce narrowcasting qui convertit l’Internet 2 en place publique en permettant une négociation du pouvoir dans la société postindustrielle.

Architecture de l’accès I :

Au début, l’utopie était de penser que l’utilisateur avait un accès illimité à tous les contenus, les applications et les services.

Architecture de l’accès II :

La complexité de la société postindustrielle balkanise l’accès aux contenus soit pour des raisons géopolitiques (exemple du « firewall » chinois), soit à cause des nouvelles générations de marché (exemple de Google), ou à cause de plateformes particulières (exemple des applications chez Apple).

Évolution I :

Le rythme de l'évolution des TI a doublé à tous les 18 ou 24 mois, rythme qui tient compte de la mise en place technique des applications (Loi de Moore).

Évolution II :

Le rythme de l'évolution des TI devient exponentiel parce qu’il correspond au carré du nombre des utilisateurs en réseau, rythme qui tient compte plutôt de l’évolution rapide des usages (Loi de Metcalfe)

Web 1.0 :

  • Un système hypertexte fonctionnant sur Internet qui développe des applications de communication, principalement le courriel
  • Il est surtout un média d’échange de fichiers.

Web 2.0 :

• Un système développant des applications de socialisation, principalement les réseaux sociaux.

• Il devient un média de conversation interactive.

Broadcasting :

  • Un modèle de diffusion unidirectionnelle qui cherche à disséminer et à diffuser des données au plus grand nombre possible de gens anonymes et passifs.
  • La logique de flux réside surtout dans le stockage des données.

Narrowcasting

• Un modèle de contribution a partir des courants de personnalisation et de prise de parole couplés avec les techniques de géoréférencement. Ce type de communication repose sur des conventions utilisées par les groupes interactifs en réseau.

• Sa logique de flux réside surtout dans la circulation des contenus, et utilise notamment des stratégies montantes (bottom-up).

Cyberespace I :

Un espace virtuel derrière l’écran qui donne l’illusion à des millions d’utilisateurs de communiquer entre eux.

Cyberespace II :

Un espace virtuel derrière l’écran qui permet à des millions de groupes d’intérêts d’échanger. Dans cet espace, l’utilisateur se sent lié aux autres membres du groupe par une même façon de penser.

Approche économique

Société capitaliste :

  • Une société dirigée par un système qui repose sur la maximisation du profit, la concurrence, la réduction du coût du travail et l'accumulation du capital.
  • Ses principaux outils sont les marchés, les banques et les réseaux de communication.
  • Cette société se développe sous la forme d’une spirale de financiarisation contrôlée par de grands consortiums financiers qui s’appuient sur Internet 1.

Société postcapitaliste :

  • Une société où règne une économie plus humaine parce que le développement de certains secteurs d'activité, comme l’éducation et la culture, n’est pas soumis à la marchandisation.
  • Elle est plus difficile à gérer parce qu’elle devient plus complexe, métissée et mobile.
  • Cette société favorise une économie de proximité, c’est-à-dire plus locale.

Économie I :

  • Organisation du monde à partir d'un système qui laisse l'économie de marché « arranger » les choses.
  • Elle est caractérisée par une obsession du profit et une massification des marchés et des médias.

Économie II :

  • Elle est centrée sur le sur-mesure des contenus, c’est-à-dire sur leur proximité avec le consommateur, contenus qui évoluent à partir des besoins des populations locales.
  • Elle est caractérisée par la recherche de la valeur ajoutée, l’achat de proximité et une influence des consommateurs sur l’orientation des marchés.

Marchés de masse

Structure de production de masse, de marchés de masse et de médias de masse.

Niche

Marché vertical destiné à un ou des groupes d'intérêts qui se développent à cause du phénomène de personnalisation et de la loi de la demande. Ce marché repose sur le sur-mesure, c’est-à-dire la recherche de valeur ajoutée.

Loi de l’offre :

Le poids décisionnel appartient aux promoteurs des contenus et des services qui contrôlent leurs marchés à partir de la production, des prix et de la publicité.

Loi de la demande :

Le poids décisionnel appartient aux consommateurs qui recherchent une valeur ajoutée, via les niches, et qui choisissent certains marchés à partir de leur proximité, de la pertinence des produits et de leur analyse en ligne.

Architecture du contenu I :

Au début, l’utopie était de penser que l’utilisateur avait un accès illimité à tous les contenus, les applications et les services.

Architecture du contenu II :

Actuellement, quatre Web se développent : militaire, académique, commercial et sociétal, chacun possédant ses lois, ses acteurs et son économie. Il existe même des Web invisibles où des promoteurs cachent leurs contenus.



Approche sociétale

Ère américaine :

Un monde dont les États-Unis sont à la fois le gendarme, la locomotive économique et les dirigeants d’Internet I.

Ère tripolaire :

Un monde sous l’influence à la fois de la Chine, des États-Unis et de l’Union européenne.

Société de l’information I :

  • Elle se développe à partir du principe de concentration où une très grande quantité d’informations est diffusée indistinctement à tout le monde.
  • Ses grandes forces sont la mondialisation, la personnalisation et les technologies numériques.

Société de l’information II :

  • Elle se développe à partir du principe de ramification qui repose sur l’inventivité de ses citoyens. C’est une société où la circulation d’informations augmente le pouvoir décisionnel de ses acteurs, ce qui en retour modifie leur façon de vivre.
  • Ses grandes forces sont ses nombreuses machines à communiquer et leurs stratégies montantes qui incitent les citoyens à prendre la parole.

Démocratie traditionnelle :

  • Régime politique reposant sur la somme des intérêts particuliers.
  • Elle est dirigée par des élites politiques et économiques qui manipulent les informations, via les médias de masse, pour créer les consensus nécessaires a l’acceptation de leur plan de société.
  • Une telle démocratie repose sur une très grande quantité d’informations

Démocratie participative :

  • Un régime politique qui favorise les solidarités.
  • Elle repose sur une négociation entre les élites politiques et économiques et la société civile. Cette négociation crée des consensus servant a développer collectivement un plan de société.
  • Elle se mesure au degré de participation citoyenne. Cette participation à la création d’opinions est une bataille pour le pouvoir.
  • Une telle démocratie repose plutôt sur une grande quantité des sources d’information.

Clientèle I :

  • Cette clientèle est formée par les premiers utilisateurs des NTIC, (à partir de 1970 et surtout de 1980) qui adopta les micro-ordinateurs, le vidéotex et les réseaux.
  • Ce sont les pionniers (early-adaptators, techies, nerds, geeks) surtout des utilisateurs scolarisés, fortunés et technophiles, qui utilisent les NTIC de façon intensive.

Clientèle II :

  • Certaines clientèles commencent à utiliser le Web à partir de sa deuxième vague de popularité datant de 1998.
  • Ce sont des récemment branchés, surtout des immigrants numériques, qui sont des utilisateurs réguliers, mais légers, désirant surtout un accès gratuit aux informations thématiques qui les intéressent, c’est-à-dire à leur valeur ajoutée.
  • D’autres clientèles commencent à utiliser le Web à cause de leur familiarité avec les jeux électroniques (les adolescents et les baby Web par exemple) ou des clientèles qui le feraient volontiers si son accès était plus convivial (certains boomers, etc.).
  • Ce sont des clientèles en attente (late majority, naive users, computer-shy users), des gens pratiques, mais des clientèles très volatiles et exigeantes.

Infospectacle :

  • C’est une machine à fictions qui considère le réel comme un spectacle à ressentir et qui cherche plus à étonner qu’à communiquer. Cette machine crée une massification des auditoires.
  • Le rôle de cette télécratie est de distraire.

Prise de parole citoyenne :

  • La possibilité pour des citoyens de participer aux décisions qui les concernent en générant les consensus nécessaires à leur développement durable.
  • Elle se fait pour développer des droits collectifs, pièce de touche du pouvoir…
  • ..a partir de places publiques réelles ou virtuelles utilisant des stratégies montantes. Cette prise de parole crée une fragmentation des auditoires.

Majorité silencieuse :

Abrutie par plus de deux heures quotidiennes d’images de rêves, de sexe et de violence, une partie importante de la population est atomisée, elle n’est plus intéressée par ses droits collectifs. Alors la confiance qui cimentait le tissu social s’effrite.

Ras-le-bol

Lorsque les citoyens expriment leur désappointement vis-à- vis de l’incompétence des élites politiques et de l’arrogance des élites économiques, cela se traduit par une prise de parole.

Continuité :

Une société qui cherche la stabilité dans l’élaboration d’un plan de société en continuité avec le passé.

Rupture :

Une société est en rupture quand elle est en quête de sens, elle oscille alors entre l’innovation et la stabilité. La rupture devient une crise globale et qui demande une réponse globale qui exige un changement de plan de société.

Information I (l’information reportage) :

  • Elle est une observation traitée par des spécialistes (des journalistes) selon un code d’éthique.
  • Elle est le produit d’un travail de validation, c’est-à-dire de mise en perspective offrant au lecteur une valeur ajoutée.
  • Elle est une information reportage parce qu’elle est contextualisée et diffusée par les grandes chaînes d’information qui offrent une vision rationnelle des choses.

Information II (l’information opinion) :

  • À cause de l’explosion des clientèles et des appareils de communication de tous genres, une multitude d’informations non contextualisées apparaissent via Internet 2.
  • Elles cherchent à suivre à la minute un mouvement ou un événements donné.
  • Elles reflètent l’évolution locale des opinions et offrent une vision émotive des choses.

Plan de société I :

  • Un modèle unique pour tous les pays, mondialisation oblige ; ce modèle repose sur l’hypothèse que les profits sont générés par la massification et que cette économie « arrange » les choses.
  • Un modèle où la source du pouvoir est le capital, donc ceux qui le possèdent.

Plan de société II :

  • Il n’y a pas de modèle unique. Chaque continent développe le sien en fonction de son histoire, de son territoire et du vouloir de ses citoyens.
  • C’est une organisation rationnelle des ressources d'un territoire déterminé en vue du mieux-être de la population qui l'habite. L'aménagement est un processus visant à optimiser les interrelations entre quatre dimensions : les ressources, l'organisation socioéconomique, le territoire et sa population.
  • C’est un modèle où la source du pouvoir est les connaissances.

Voir le lexique :
http://constellationw.site.koumbit.net/files/21e_siecle/fr/lexique.php.html

Actuellement, dans le monde

Actuellement, dans le monde du marketing, quel est le terme le plus efficace, c'est-à-dire utilisé à toutes les sauces ? Voir le schéma :

 

http://buzzcanuck.typepad.com/.a/6a00d8341c555153ef0133ec8d1e42970b-pi

 

Du site américain de Buzz Canuck

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