La question

Une société est en rupture quand sa complexité se modifie au point que ses statistiques deviennent exponentielles. Elle se place alors sur les bords du chaos oscillant entre la peur de faire des choix sans aucun point de repère et le bonheur de pouvoir changer sa trajectoire. C’est la simultanéité de l’émergence des crises de toutes sortes (économique, énergétique, écologique, géopolitique et générationnelle) qui révèle l’importance de la rupture actuelle.

La plupart des politiciens et des gestionnaires ont l’excuse facile : Nous n’avons pas vu venir la crise ou L’avenir est trop complexe pour être anticipé. En fait, ces boomers attendent de prendre leur retraite pour abandonner aux prochaines générations le soin de régler les crises en devenir

Ses noms

Plusieurs auteurs ont  décrit à leur façon la rupture qui émerge : tournant unique, percée décisive ou grande discontinuité, The Big Switch, etc. (voir Les synthèses ).

2009 : Margaret Atwood pense qu’à l’heure actuelle Le monde est au bord d’une crise plus grave que ce qu’il ne perçoit… Aujourd’hui, les gens sont comme des enfants à qui l’on n’a pas appris comment vivre. Dans Comptes et légendes, la dette et la face cachée de la richesse, Boréal.

2009 : James K, Galbraith qualifie la crise actuelle de crise hors normes pour laquelle nos modèles récents d’intervention sont dépassés, Washington Monthly, édition de mars.

2008 : Al Gore emploie le mot bascule dans son livre An Inconvenient Truth, Melcher Media.

2008 : Clay Shirky parle de révolution dans Here comes Everybody, The Pinguin Press. 

2008 : Thomas L. Friedman, chroniqueur au NewYork Times, annonce le 7 mars 2008 will be the year when « The Great Disruption » began.

2008 : Ce n’est pas un choc des civilisations (à la Huntington) mais le commencement d’un monde, écrit Jean-Claude Guillebaud dans Le Commencement d’un monde, Seuil, page 48.

2008 : Parag Khanna parle de New Global Order dans The Second World, Empires and Influences in the New Global Order, Random House.

2008 : We are facing an epochal economy and social shift, perhaps of an importance unsurpassed since the bourgeois revolution that gave birth to the capitalist economy that we have today. Adam Arvidsson et Nicolai Peitersen, The Ethical Economy, sur le Web.

1995 : Benjamin R. Barber décrit les luttes qui se déroulent entre un monde macdonalisé (mondialisé et soumis aux grandes entreprises) et un monde traditionaliste (intégrismes de toutes sortes). Dans son livre Jihad vs McWorld : How Globalism and Tribalism Are Reshaping the World, Ballantine Books.

Ses éléments

La rupture n’est pas provoquée par un événement isolé mais par plusieurs qui surviennent durant à peine cinq ou sept ans.

1995 : le Congrès américain vote The Telecommunications Competition and Deregulation Act qui n’interdit plus la formation de grands consortiums de technologies d’information

1995 : l’émergence du Web suscite :

  • la banalisation des ordinateurs ;
  • l’explosion du courrier électronique ;
  • et fait miroiter le rêve du commerce électronique.

1995 : l’adoption d’Internet par les pays industrialisés, lors du G7 de Bruxelles, révèle aux gouvernements et aux entreprises le potentiel planétaire de ce réseau.

2000 : l’achat de Time-Warner par AOL signale le début des alliances internationales entre les grands consortiums de technologies d’information.

2000 : éclatement de la bulle dot.com. Celle-ci ne signale pas tellement une récession qu’une réorganisation plus disciplinée de l’économie véhiculée par les NTIC.

2001 : avec la création de Wikipédia, des non-professionnels (simples citoyens) peuvent désormais contribuer à la création de contenus, ce qui était jusqu’alors l’apanage des professionnels (journalistes, professeurs, experts, etc.).

2001 : l’attentat terroriste du 11 septembre contre le World Trade Center de New York révèle non seulement la vulnérabilité des États-Unis, mais marque surtout le début de leur déclin comme gendarme de la planète.

2002 : plusieurs scandales financiers (Enron, WorldCom, etc.) ébranlent la confiance des petits investisseurs et forcent les institutions financières à se réorganiser sous une surveillance accrue de l’État.

2002 : l’explosion du mobile (téléphone sans fil, GPS, Wi-Fi, RFID, etc.) commence à modifier les notions de temps et d’espace pour les gens ordinaires.

2002 : le début de l’émergence de la netgénération (digital natives) favorise l’utilisation d’applications de type You Tube et My Space et donne un essor au Social Networking.

Tout cela a comme toile de fond les conséquences de la chute du mur de Berlin, de la réunification de l’Allemagne, de l’implosion de l’URSS, de la renaissance de la Chine et de l’affirmation de l’Inde.

Le basculement du monde

l'économiste Michel Beaud nous dit qu'on se diirige vers un monde qui va être terrible. Nous sommes à une croisée des chemins où il n'existe qu'une certitude : l'univers dans lequel nous vivons change rapidement. Pour le meilleur ou le pire ? Personne ne saurait le dire.

La crise économique n'annonce pas l'effondrement du système capitaliste, car la crise est inhérente à la dynamique de ce systèeme. La dernière crise, qui fut d'abord financière et américaine, est devenue en 2008-2009 économique et mondiale. Ce capitalisme est porteur d'une logique de toujours plus : plus de besoins, plus de consommation, plus d'activités, etc. Malheureusement la Terre est devenue trop petite pour la voracité marchande.

Il faut sortir de cette société où l'on ne vit que pour consommer, Nous auront besoin d'autorités politiques mondiales pour sortir de ces crises.

Voir son livre « Histoire du Capitalisme ».

Un nouveau millénaire

Roland Arpin, dans « Territoire culturel » (édité en 2002, Montréal) écrit :

Nous sommes des habitants d'un nouveau millénaire. Quelle aventure fantastique autant sur le plan culturel que sur le plan symbolique. Marquer ce passage par l'examen des grands enjeux et des grands défis, c'est prolonger, sur un mode contemporain, la gigantesque aventure des hommes et des femmes qui ont construit notre pays.

Nous sommes conviés à proposer des solutions aux granndes questions q1ui nous préoccupent, à quitter le mode de l'analyse et du diagnostic pour entreprendee des actions.

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