La mauvaise direction

Dans tous les pays industrialisés, on se souvient de cette période, il y a cinquante ou soixante ans, où nos grands-parents ont laissé la campagne pour se trouver un emploi à la ville. On sait jusqu'à quel point ils ont migré difficilement d’une société agraire à une société industrielle : famille déracinée, acculturation, perte des valeurs, etc. À partir des expériences vécues par nos grands-parents, nous savons nous aussi que nous passons maintenant d’une société à une autre ( Postindustriel 13). Nous commençons à peine à réaliser que nous entrons dans une période de désordre qui sera très difficile à vivre parce que tous, autant les citoyens que les décideurs, vivons actuellement une modernité vide de sens.

Un désenchantement du monde (Max Weber)

Où se situe le seuil d’emballement de notre système sociétal ?

Quels sont les sacrifices humains que cette société va réclamer ?

Quels sont les nouveaux mécanismes qui rendront notre société plus complexe ?

Les médias nous répètent à satiété que nous vivons une crise importante et que, lorsque les élites en place auront réglé les excès de certains de leurs membres, cette crise se résorbera. D’ici un an espère-t-on. Or, la lecture de la situation est fausse. Actuellement, nos élites essaient de corriger un modèle économique industriel dépassé alors que s’amorce plutôt une ère postindustrielle. La crise durera plus longtemps parce que plus profonde que prévu.

Le seul but du politicien est de rester au pouvoir.

Et pourtant, des solutions existent déjà. Dans ce monde, à la fois porteur de menaces et de promesses, nous devrons créer collectivement A new New Deal, un nouveau Bretton Woods et probablement un nouveau Contrat social.

On ne prévoit pas l'avenir, on le fait.

Le cul-de-sac actuel

( Postindustriel 9)

L’effondrement récent des marchés boursiers fut le choc sismique qui révéla le cul-de-sac vers lequel se dirigent tous les habitants de la planète. Nous devons nous poser les bonnes questions.

Une continuité ou une mutation ?

Le meilleur moyen d’aboutir dans un cul-de-sac est d’envisager de nous développer en continuité avec le passé.

Est-ce que le passage de l’ère industrielle à l’ère postindustrielle ne serait pas plutôt une rupture ? Comment penser dorénavant en termes de mutation ?

Le court ou le long terme ?

Nos décideurs actuels ne pensent qu’en termes de continuité, ils sont incapables de développer des stratégies de plus de quatre ans et d’y associer leurs concitoyens ; ils passent la moitié de leur mandat à surveiller les sondages.

Ne devrions-nous pas nous doter de nouveaux outils de gouvernance ?

Le système capitaliste ?

L’un des mécanismes qui nous conduit vers le cul-de-sac est la philosophie du laisser-faire du capitalisme actuel, pas tellement celui de l’économie réelle mais celui de sa financiarisation virtuelle. Les élites économiques n’ont pas su résoudre le défi de la juste répartition des biens et des services ; elles ont plutôt accentué le fossé entre elles-mêmes et les pauvres.

Comment préparer un modèle d’économie de marché qui suppose un cadre moral plus exigeant ?

La personnalisation ?

Un autre mécanisme responsable de notre cul-de-sac est le fort courant de personnalisation où le paraître a la préséance sur l'être. Cet égocasting est propulsé par le capitalisme qui en tire d’énormes profits. Les droits de l’homme individualisés ont tellement été sacralisés durant la 2e ère industrielle qu’ils ont fini par paralyser la démocratie ; la société commune fut alors déconstruite.

Jusqu’où ira le déracinement de l’homme moderne ? Après le silence imposé par les médias de masse, comment pourrions-nous reprendre la parole ? Quel pourrait être alors le rôle des réseaux sociaux ? Comment nous doter d’une démocratie participative ?

Le système des médias de masse ?

Un autre mécanisme responsable du cul-de-sac est l’utilisation du modèle des médias de masse qui cherche plutôt à convertir le citoyen en consommateur en ne lui offrant qu’un infospectacle où presque tous les messages sont subordonnés aux images, aux émotions et, surtout, aux lois du marché. Ce système emprisonne le citoyen dans un court terme.

Quel modèle devrions-nous utiliser collectivement pour développer notre culture ? (Voir le texte sur « la culture ».)

Nous vivons une mutation

(Voir le texte « La rupture ».)

Il y a 400 ans, les premiers colons s’installaient en Amérique du Nord. Rapidement, ils s’aperçurent qu’ils abordaient un nouveau monde dont ils ignoraient les principales règles ; par exemple, l’importance des quatre saisons et du commerce avec les Amérindiens. À l’époque, leur adaptation fut tellement difficile que plus de 30 % des premiers hivernants décédèrent. En fait, leur adaptation aurait été quasi impossible n’eût été l’aide des autochtones qui maîtrisaient le passage d’une saison à l’autre sur ce territoire, c’est-à-dire l’espace et le temps nord-américains. L’exemple du Québec cité ci-haut est valable pour tous les pays, car tous sont bousculés par la même rupture.

L'espace-temps est le tissu de l'univers.

Vers 2000-2002, notre espace-temps a de nouveau basculé comme en 1608 au Québec. Désormais nous vivons dans un nouveau monde dont nous devrons apprivoiser les mécanismes si nous voulons que nos enfants y prospèrent. Ce n’est pas la première fois que la société vit un changement majeur, mais cette fois-ci la mutation est d’une amplitude sans précédent, parce que tous les citoyens de la planète sont interpellés et parce qu’en chevauchant Internet elle se déroule à la vitesse de la lumière.

Le temps et le développement durable

Voir une vidéo conférence qui analyse comment le facteur temps sera directement lié au développement durable dans le futur. Une conférence de 18 minutes de Jean Viard (du CNRS), à la 8e Université d'été de la communication et du développement durable, le 10 septembre 2010, à Buoux (via DailyMotion) :

http://www.dailymotion.com/video/xex09h_jean-viard-le-temps-du-developpe...

Nous vivons actuellement un basculement ; notre prochaine conquête ne sera pas l'espace (c'est déjà pratiquement fait) mais le temps (qui semble nous manquer de plus en plus). Le temps est notre nouvelle frontière !

Nous entrons dans une civilisation du temps rare (voir notamment le temps Internet) et dans une culture de la mobilité. Dans un tel contexte comment évolueront nos cultures ?

Publier un nouveau commentaire

The content of this field is kept private and will not be shown publicly.
  • Web page addresses and e-mail addresses turn into links automatically.
  • Allowed HTML tags: <a> <em> <strong> <cite> <code> <ul> <ol> <li> <dl> <dt> <dd>
  • Lines and paragraphs break automatically.

More information about formatting options