4. La société civile

(Les fondements de la démocratie participative)

4.1- La société civile a commencé à se manifester officiellement lors du Sommet de l'information à Tunis, en novembre 2005.

Déjà, depuis plus de trente ans, des groupes d’intérêts deviennent des lieux d’expérimentation sociale et d’engagement, c’est-à-dire des ateliers de changement de comportements. Ces groupes commencent à former une société civile qui s'organisent à partir des réseaux sociaux, sorte de sur-mesure de la proximité.

4.2- L’ordre de la structure sociétale se modifiera à l'avenir : à la pyramide formée d’abord par l’État puis par les marchés, s’ajouteront un étage au-dessus et un étage en dessous, deux nouveaux espaces de solidarité (voir le schéma Postindustriel 8)  :

  • au-dessus, des institutions internationales qui rendront possible la mondialisation politique à venir ;
  • en-dessous, des groupes d’intérêts qui serviront d’interfaces entre les citoyens et l'État.

4.3- La société civile est une structure de pouvoir qui gère la vie quotidienne et qui utilise comme arme principale l’opinion via la participation (To care about each other experiences)  ;

  • tandis que la classe politique est une structure de pouvoir qui gère le développement et qui utilise comme armes principales la loi et le règlement ;
  • et que la classe économique est une structure de pouvoir qui gère le profit et qui utilise comme arme principale le capital.

4.4- La société postindustrielle ne pourra se développer qu’à partir de concertations entre ses classes politiques et économiques et la société civile qui commence à s'organiser. Les trois vecteurs de son développement seront donc l’État, les marchés et les groupes d’intérêts.

Actuellement, les classes politiques et économiques veulent bien juguler la crise économique, mais elles n’envisagent pas une réorganisation sociétale qui pourrait signifier pour elles une remise en cause de leurs privilèges.

  • Les citoyens sont actuellement manipulés par les élites économiques et politiques via les médias de masse qui exagèrent certains détails tout en ignorant beaucoup d'autres. Cet infospectacle affaiblit toute forme de participation, donc de solidarité ; d’où le découragement démocratique actuel qui se traduit par un  désinvestissement dans les droits collectifs.
  • Une lutte débute pour le contrôle de l’avenir entre les manipulateurs de la culture et de l’économie pour leurs propres intérêts et les groupes d’intérêts où se définissent les enjeux sociétaux. Si elle s’organise, la société civile possédera la balance du pouvoir parce que c’est là que réside le réservoir de la confiance.

Les données sociétales 1970-2005


L'économie sociale au Québec

Au Québec, entre 1996 et 2005, on a investi plus de $ 755 millions dans l'économie sociale, ce qui a permis de créer plus de 6000 emplois.

C'est une économie qui contribue a une augmentation de la richesse collective. Sa rentabilité s'évalue par la contribution au soutien d'une citoyenneté active et une prise en charge individuelle et collective. Cette économie solidaire repose sur la convergence de trois facteurs : les ressources locales, le marché et les ressources publiques. A date elle a pris diverses formes :

Investissements dans les logements communautaires, les centres pour les personnes âgées, les centres pour la petite enfance, les coopératives agroalimentaires, les catalogues de produits et des services de l'économie sociale, les fermes écologiques, les coopérative d'économie familiale, l'utilisation du logiciel libre, etc.

Elle est devenu un réseau de réseaux axé sur une économie de proximité dans le milieu, preuve que l'économie sociale est une composante de l'économie générale.

Voir le « Chantier de l'économie sociale du Québec ».

Et la vie privée ?

Jenny Stoddart du Commissariat canadien à la protection de la vie privée vient de déclarer : L'évolution technologique a été fulgurante et les atteintes à la vie privée l'ont été tout autant.

Les téléphones intelligents, la géolocalisation, les Twitter et Facebook, le commerce en ligne, etc., viennent remettre en question les contours de la sphère privée, tout comme son respect. C'est peut-être vrai que la technologie rend la vie en société plus facile, mais leur convivialité a tendance a nous rendre aveugle. Sous prétexte qu'on n'a rien à cacher on a fini par banaliser les dérives possibles. En croisant ces bases de données on peut connaitre les habitudes précises de consommation d'une personne, ses déplacements et ses liens sociaux, et qui sait où ces informations peuvent atterrir et ce que l'on peut finir par en faire ?

L'utilisation de ces données par les réseaux sociaux n'est pas suffisamment encadrée, Facebook et les autres sont sur la sellette (rappelons qu'aux États-Unis 35 % des adultes et 65 % des adolescents ont leur profil sur ces sites)

La masse critique des groupes

On sait que les groupes d'intérêts deviennent un espace social stratégique où ils peuvent influencer la démocratie, Ces micro-communautés veulent créer de nouveaux lieux alternatifs de pouvoir. Ce rêve est apparu en Californie vers 1980 avec l"arrivée des premiers micro-ordinateurs (TRS-80, Apple et Commodore) (Mot d"ordre des pionniers d'alors : « Empowering the People »)

Ce qu'on sait moins : quelle est la masse critique d'un groupe ?. Les recherches de Robin Dunbar (Université d'Orford en anthropologie) suggèrent que le cerveau d'un être humain limite son réseau social à 148 personnes en moyenne.

Tandis que Cameron Markow (à l'emploi de Facebook) pense que la moyenne du nombre « d'amis » est de 120.

La société civile au Canada

La société civile est un terme qui regroupe les organisations non gouvernementales, les entreprises sociales et les groupes communautaires.

Actuellement, à travers le monde, il y a des centaines de cas où des gouvernements tentent de limiter la société civile. La gouvernement fédéral canadien est l'un de ceux qui lui nuit plutôt que de l'aider ; plusieurs organisations ont récemment perdu une partie de leur financement étatique.

Pourtant les gouvernements ont intérêt à ce que ces groupes soient actifs car ils tentent d'enrayer la pauvreté, de protéger l'environnement et de proposer un nouveau type d'économie.

Les gouvernement ne comprennent pas encore ce rôle positif que la société civile peut jouer.

(Extrait de la rencontre à Montréal de l'Assemblée mondiale de Civicus, septembre 2010)

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