1. Une logique

(Nous passons d'un modèle de concentration à un modèle de ramification)

Ce qui semblait n’être qu’une crise financière en 2008 est vite devenu une grave crise économique en 2009 et deviendra éventuellement une crise sociétale aux effets durables.  En perdant ses repères, la population est devenue impuissante devant ces crises. Elle en vient à croire que tel est le monde aujourd'hui et qu'elle n'y peut rien.

Y a-t-il une logique à expliquer ?

État de la situation en 2010

Nous, les citoyens, nous savons intuitivement que nous vivons une rupture sociétale. Une rupture est l'incapacité d'une société de proposer à ses citoyens un système de références qui leur permet de participer à leur développement ; une rupture est une crise de sens. La société qui émerge sera postindustrielle, c'est-à-dire dotée de nouveaux mécanismes que nous devrons apprivoiser.

Contrairement à ce que pensent nos dirigeants, cette rupture n'est pas une simple crise financière, elle est plus profonde qu'un simple déficit à combler. La rupture est sociale, car elle est le résultat de la perte de confiance de l'ensemble des citoyens vis-à-vis le manque de clairvoyance des élites politiques et l'arrogance des élites économiques. La seule chose susceptible de nous sortir du cul-de-sac actuel est le développement d'un nouveau plan de société.

Aujourd'hui, les dirigeants politiques ne veulent que corriger le modèle économique industriel alors que s'amorce plutôt une ère postindustrielle. Ils ne veulent surtout pas changer de modèle car ils pourraient perdre leurs privilèges.

Et, parce que les grandes manœuvres économiques mondiales ont considérablement réduit les frontières politiques, les élites politiques veulent surtout mieux encadrer les activités économiques sur leur territoire. Ces luttes de pouvoir entre les élites politiques et économiques vont retarder le dénouement de la crise actuelle.

Nous sommes inquiets parce que pour la première fois de notre histoire, tous les habitants de la planète sont touchés par ces mutations, et que ses dirigeants, le G20, n'ont ni la mentalité ni les outils pour faire face à cette nouvelle complexité.

Nous savons que nous ne serons pas consultés par ces élites. Alors si nous désirons laisser un héritage à nos petits enfants, nous devrons prendre la parole concernant l'établissement du plan de société et ainsi faire partie de la solution.

État possible de la situation dans dix ans

Dans sept à dix ans, la société postindustrielle commencera probablement à fonctionner à partir d’une économie de marché responsable (donc plus humaine et plus locale), elle utilisera une place publique électronique (Internet 2) et reposera sur une culture participative (c’est-à-dire que ses citoyens devraient générer les consensus nécessaires à leur développement durable).

Nous ne nous dirigeons pas vers une centralisation de la société mais plutôt vers une ramification culturelle et économique qui reposera sur l’inventivité de ses citoyens. Une société où les machines de production ne seront plus à la base de l'économie mais les machines à communiquer.

Le modèle sociétal pourrait être celui d'une démocratie participative avec marchés utilisant le nouvel Internet comme espace de discussion entre les citoyens et aussi entre la société civile et leurs dirigeants politiques et économiques. C'est l'utopie proposée : notre futur dépend de la prise de parole des citoyens.

Déjà, les individus changent. Pour la première fois de l'histoire de l'humanité :

  • La moitié des habitants de la planète vivent dans une ville.
  • Vingt pour cent de ceux-ci ont l’impression  de vivre dans un cyberespace qui devient un espace interactif de conversation collective.
  • Ils ne sont plus des êtres anonymes et passifs, ils peuvent devenir des acteurs capables d'émettre leurs opinions à partir de leurs réseaux sociaux.
  • Ils ne reçoivent plus des informations rares et contrôlées mais un flot d’informations en continu mais non validées.
  • Celles-ci circulent dorénavant à travers la planète à la vitesse de la lumière.
  • Le réel peut être remplacé par des images virtuelles ou truquées qui peuvent tromper le téléspectateur.
  • Et la nouvelle génération s'informe principalement via un Web interactif.

Les institutions vont aussi changer, même si elles le font  plus lentement. Dans dix ans, tous les domaines d'activité seront modifiés. Voici quelques exemples étudiés plus loin :

  • La gouvernance internationale : incapables de gérer les crises, les Nations Unies et le G8 devront créer de nouvelles institutions pour gérer la mondialisation politique.
  • La gouvernance nationale : la légitimité des classes politiques pourrait être remise en question par la prise de parole citoyenne.
  • La guerre : en plus de se faire sur terre, sur mer et dans les airs, elle se fera dans l'espace et surtout à partir d'Internet.
  • La publicité : la réorganisation de l'assiette publicitaire obligera toutes les entreprises à adopter une approche multiplateforme.
  • Le modèle économique : le modèle de masse pourrait être remplacé par une approche de proximité qui exigera la création d'une nouvelle architecture de service : les niches.
  • La consommation : la loi de la demande des promoteurs pourrait être remplacée par la loi de l'offre qui donnera le pouvoir au consommateur.
  • L'éducation : la participation des jeunes étudiants habitués aux réseaux sociaux bousculera le modèle pédagogique  « professeur-étudiant-texte écrit ».
  • Les maîtres du monde : les banquiers pourraient être remplacés par les dirigeants des grands consortiums de services. 

Lorsque les historiens analyseront les années 2000-2010, ils identifieront plusieurs éléments qui auront donné naissance à la société postindustrielle :

  • la prise de parole des citoyens ;
  • l'apparition des niches ;
  • le développement d'une économie de la proximité ;
  • et la place publique que sera devenu Internet 2.

Ce n'est donc pas la fin de l'histoire comme certains l'ont annoncé mais le début d'un nouveau bond.

Voici six stratégies pour sortir du cul-de-sac actuel : la prise de parole, la société civile, l'Internet 2, l'information, les niches et la nouvelle économie.

L'intolérable...

Bonjour Michel,

J'ai une lecture de l'humanité bien spéciale... Je pense que nous, les humains, sommes confrontés à une boucle sans fin. Globalement, l'humanité va mieux que jamais, moins de guerre, moins de famine, moins de pauvreté, moins de corruption. MAIS la guerre, la famine, l'exploitation de nos ressources naturelles sans égard à l'équilibre terrien et autres atteintes à nos idéaux est de moins en moins tolérable. De là notre humanité en marche. Est-ce que nous atteindrons ce que tu annonces? Aucune idée mais je sais que l'humanité ne se contentera pas de rester muette et tolérante.

bonds ou spirales ?

Je ne suis pas sûr que ce soient des boucles sans fin. Je vois beaucoup plus l'évolution comme une série de spirales. A chaque bond il y a une « amélioration » parce que des choix collectifs l'ont permis. Nous sommes rendus à l'un de ces embranchements historiques, et collectivement nous devront faire des choix. Le premier défis est « Le collectif » : beaucoup de gens sont concerné à cause de la mondialisation. Le deuxième défi, c'est l'instrument : Internet. Nous ne maîtrisons pas encore toutes les raffinements qui surgissent dans ce domaine.

L'importance d'Internet

Philippe Quéau déclarait récemment au Monde :

Internet sera aussi banal que l’électricité. Il va s’immiscer dans tous les recoins de la vie. Il sera autant indispensable pour étudier que pour travailler. On ne pourra plus vivre sans Internet au XXIe siècle.

Publier un nouveau commentaire

The content of this field is kept private and will not be shown publicly.
  • Web page addresses and e-mail addresses turn into links automatically.
  • Allowed HTML tags: <a> <em> <strong> <cite> <code> <ul> <ol> <li> <dl> <dt> <dd>
  • Lines and paragraphs break automatically.

More information about formatting options