Préambule

Nous, les citoyens, nous sentons que notre société est en train de changer. Nous sommes comme des explorateurs face à un nouveau continent mais sans carte pour nous orienter.
Nous comprenons que ce sont les gens riches qui mènent le monde maintenant et non ceux que nous avons élus ; et que c'est leur modèle économique du Tout-au-profit qui rend notre société si dysfonctionnelle actuellement. Nous réalisons aussi que la télévision, que ces gens riches contrôlent, raconte à peu près n'importe quoi au lieu de nous informer.

Nous n'avons plus confiance dans nos élites politiques et économiques, nous savons qu'elles nous poussent dans un cul-de-sac. Ceux qui essaient de prévoir des stratégies pour le futur le font avec une mentalité et des outils de l'ère industrielle alors que nous avons basculé dans une ère postindustrielle. Nous réalisons aujourd'hui que nous ne pourrons pas redonner à nos enfants ce que nous avons reçu.

L'optimisme technoscientifique actuel nous promet des merveilles (des villes, des maisons ou des vêtements extraordinaires, etc.) alors que le vrai changement qui définira la société postindustrielle sera la création d'un nouveau modèle d'accès à la connaissance utilisant l'information comme élément de base pour développer le monde qui émerge. Là est la révolution (dans le sens d'évolution accélérée) à venir.

Dans deux ou trois ans, lorsque notre ras-le-bol individuel deviendra collectif, nous devrons faire des choix, mais à partir de quels mécanismes ? C'est ce que ce document explore !

Les bonds

À toutes les époques, les sociétés se sont adaptées à leurs défis politiques, économiques ou climatiques, en développant des outils de communication. L'alphabet a permis la naissance des premières Cités et des premiers empires, l'imprimerie, l'éclosion de la Renaissance, et le cinéma et la télévision, l'avènement de l'ère industrielle. Ainsi, tout au long de l'histoire, les citoyens ont maîtrisé successivement l'écrit, puis le son et l'image, afin d'apprivoiser leur futur. L'une des leçons de l'histoire est que l'information précède tout. L'aventure humaine s'est développée à partir de ces outils qui ont permis le cumul du savoir.

Aujourd'hui, notre société fait face à un ensemble de crises interreliées parce que mondialisées. Elle commence à développer un nouvel outil, l'Internet, qui intègre justement l'écrit, le son et l'image, c'est-à-dire les réseaux d'ordinateurs, de téléphone et de télévision. Pour la première fois de l'histoire, cet Internet 2 permettra aux citoyens de prendre la parole pour développer une démocratie participative, donc pour répondre aux crises qui s'annoncent. Internet 2 deviendra un lieu où l'on va se battre pour que le monde change.

Actuellement, nous vivons de nouvelles situations difficiles à évaluer :

  • Les solutions à nos problèmes ne seront pas d'ordre technique ou économique comme les médias nous le suggèrent mais plutôt d'ordre culturel. Les changements de comportement qui seront exigés de tous seront très difficiles à accepter et encore plus à réaliser.
  • On ne fait pas face à plusieurs crises isolées mais à un ensemble de crises interreliées, situation pour laquelle nous n'avons pas encore développé d'outils pour y répondre.
  • Ces crises touchent toutes les sociétés de la planète, celles-ci étant désormais interconnectées, mondialisation oblige.

Mais si ces situations semblent pleines de menaces, elles offrent aussi des solutions. Quels sont les mécanismes que nous devrons apprivoiser si nous voulons gérer une société qui devient beaucoup plus complexe que la société industrielle précédente ?

Or, notre société n'évolue qu'à la vitesse des changements de comportements de ses citoyens, c'est-à-dire trop lentement par rapport aux crises. Ce qui fait dire à plusieurs penseurs que nous sommes entrés dans une course entre la catastrophe et l'éducation. C'est-à-dire que les outils d'éducation et de communication pourraient faire toute la différence quant à notre avenir, d'où l'attention centrée sur Internet 2 et l'information dans ce document.

 

Récemment, le texte de ce site au complet a été édité en France :

La société émergente du XXIe siècle

Michel Cartier et Jon Husband
Dangles Éditions, 2010.

 


En classe de 6e.

Aujourd'hui mardi 9 novembre 2010.
Avec une classe de 6e nous avons regardé le petit film sur le réseau constellation. Un silence complet durant toute la projection malgré les ruptures dues au réseau local bas débit.
A la fin les élèves ont tous spontanément applaudis.
Ils ont décidé d'écrire les mots "Merci Michel" Constellation, Solidarité..avec les logiciels de chrome experiment.
Yannick Audrain
Professeur d'Arts Plastiques

mutation à 180°

je découvre tout juste votre site, avec beaucoup de plaisir et d'intérêt. Je suis un simple citoyen, qui observe notre environnement intérieur et extérieur, l'état du monde actuel, et sa trajectoire depuis une quarantaine d'année (économique, sociale, morale, spirituelle...)
Je ne suis pas de ceux qui imagine que l'on peut "améliorer le système": celui-ci est létal, il contient sa propre destruction, et n'est que le reflet, la projection de nos concepts intérieurs, de notre manière d'appréhender l'humain en soi et autour de soi. Il est le reflet de nos choix conscients et inconscients. Quel "pouvoir" serait à même de décider d'un changement de pensée et d'action, d'un changement de paradigme? Nous disposons de tous les outils conceptuels pour ensemencer et développer ce changement. Nous sommes en capacité d'actualiser une plus grande part d'humanité sur les plans personnels et collectifs, nous pourrions changer totalement de régime: passer d'un système fondé sur la peur, la rareté, la compétition et rivalité, la domination et soumission à un système créant les conditions de la solidarité, coopération, d'une conscience de l'abondance, bref d'une intelligence mieux humaine. Nos découvertes scientifiques (physique moderne), pédagogique, éducative, métaphysique etc... sont encore très loin d'infiltrer nos conditions de vie sociale, économique, "morale" . Nous vivons sur des données 19ème siècle, vision mécaniste de l'univers, vision parcellaire, séparée de toutes choses.
Devons nous donc nécessairement atteindre (et attendre) le point de rupture marquant une destruction générale évidente (je ne prône pas la "pédagogie de la catastrophe" comme unique solution)? Pour l'instant nous continuons à supporter l'insupportable, à justifier l'injustifiable en le rationalisant même outrancièrement.
Les civilisations nouvelles se nourissent pour croître du terreau (compost, décomposition) des civilisations précédentes.
Vous, nous, sommes comme les herbes folles, les herbes adventices qui prennent leur place pour une nouvelle terre (tiens, un peu de poésie).
La goutte qui fait déborder le vase est en elle-même insignifiante, mais suffit au débordement.
Je pense que nous pouvons compter sur le système en place pour générer ce débordement(en toute bonne inconscience de sa part).
Donc, vigilance, présence, éveil. Le temps des autruches est terminé (il n'a jamais empêché de recevoir des coups de pieds aux fesses, bien au contraire)
Je vais vous lire totalement, merci d'exister
patrick Bigeard

C'est une mutation !

Conférence d'Albert Jacquard à Québec le 7 octobre 2009 (Conférence pour l'éducation) :

Ou bien l'humanité se détourne de la course à la croissance économique et cesse de considérer les ressources de la planète comme infinies, ou bien elle devra faire face è son propre naufrage dans un avenir pas si lointain. Nous ne traversons pas une crise, mais une mutation. Une mutation, c'est quand il y a des opportunités de développement d'idées nouvelles, notamment dans le secteur économique.

Heureusement, la conscience du danger progresse, elle pourrait nous aider à éviter le pire. Cela exigera le développement d'une structure de gouvernance mondiale car on ne peut imaginer que six milliards de personnes pourront s'en sortir s'en organiser les pouvoirs et sans mettre en place une démocratie planétaire.

Maintenant, il faut montrer que la société de demain ne ressemblera pas à celle d'aujourd'hui.

Il est temps de changer le monde

Interview de Muhammad Yunus, prix Nobel de la paix (surnommé le banquier des pauvres) dans le Journal Libération, mai 2010 :

La crise actuelle, c'est l'échec du système. Nous continuons comme s'il n'y avait pas de problème, mais cet effondrement du système montre bien que, fondamen-talement, quelque chose ne marche pas. Nous avons un bouquet de crises : alimentaire, financière, sociale, climatique, et. Le point commun entre ces crises, c'est qu'elles sont enracinées dans l'architecture du monde économique basé sur l'obsession du profit. La crise n'est pas l'échec du marché, mais des institutions et des hommes qui, de super avides, se sont voulus encore plus super cupides.

Les gouvernements mettent de l'argent ici et là parce que, quand il y a un problème, c'est la seule chose qu'ils savent faire. Le système existant est basé sur l'égoisme, on doit en construire un basé sur l'altruisme. C'est à nous citoyens, de décider de créer les conditions d'un mouvement social. Nous devons imposer le changement. C'est le moment.

Muhammad Yunus, a créé en 1977 la banque Grameen qui fait du microcrédit (8 millions d'emprunteurs) et fut prix Nobel de la paix en 2006)

Le vrai changement

William Wutf disait :

When technology changes enough,
it doesn't just change how we do things,
but what we do.

(The next 50 years)

Le rôle des technologies

L'imprimerie a été un des facteurs de succès de la Renaissance, mais ce n'est pas l'imprimerie qui a « fait » la Renaissance ; c'est la Renaissance qui a induit l'accélération des techniques d'impression parce qu'elle en avait besoin pour propager ses idées. Ce sont les croisades qui ont tué la féodalité et permis un renouveau de la pensée. Aujourd'hui , ce sont les deux guerres mondiales qui ont tué la Modernité et le nouveau paradigme est en route depuis Emerson et Thoreau.

Les technologies ne précèdent ni n'anticipent rien, elles suivent, elle apparaissent lorsque l'histoire en a besoin c'est-à-dire lorsque les changements profonds et les tendance lourdes sont déjà en place.

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